PORTRAITS

Cela peut sembler réducteur de mettre en avant 8 vignerons quand on représente plus de 300 familles ! Mais ce serait difficile de présenter tout le monde. Et vous seriez surpris de constater à quel point les itinéraires, les valeurs, les ambitions… se rejoignent. Derrière chaque histoire, on parle de courage, de ténacité, d’amour du grand air, de main verte, de partage, de solidarité…

Évelyne Jusselin

Vigneronne à Saint-Boil,
administratrice de la cave depuis 2014

Évelyne a des grands yeux bleus qui vous croquent comme on croque un grain de pinot noir mûr. C’est une enfant du Pays. Issue d’une longue lignée d’agriculteurs, elle a failli partir “à la ville” mais la nature a repris ses droits, au gré de circonstances particulièrement douloureuses. Ses grands-parents possédaient 50 ares de vigne, “pour eux” que ses parents porteront à 8 hectares. Des parents qui l’ont élevée dans le culte du travail et qui ont choisi plutôt l’élevage, par passion. À la recherche de la viande parfaite, avec 200 têtes de charolais. Elle s’est installée en 1998 avec sa maman, issue d’une famille de tradition viticole. Elle est retournée à l’école pour apprendre le vin, pour mieux le comprendre. Elle aurait pu se satisfaire de “cultiver et porter les raisins à la cave”, mais elle a choisi de s’impliquer dans les projets collectifs, et en particulier de rencontrer et convaincre les consommateurs au caveau, le week-end. Depuis 2008, elle se consacre pleinement à un vignoble qui aujourd’hui couvre 18,5 hectares. Ils sont aujourd’hui trois, au quotidien, à mener avec énergie les travaux du vignoble classé en Bourgogne Côte Chalonnaise, avec un petit peu de Montagny village. Moitié rouge, moitié blanc. De l’aligoté, du pinot noir, du Chardonnay. Beaucoup de diversité. Évelyne aime rappeler que le vin est au service de la cuisine, qu’on aime ici partager. La vigne, c’est très physique, il faut y aller par tous les temps, imaginez qu’il faut compter quatre mois de taille, à trois ! Sa fille et son compagnon sont depuis peu à ses côtés, et tout en se formant à Beaune, ils amènent une nouvelle énergie. Fière de son travail, elle répète à l’envi que “Rien n’est jamais acquis”, elle en sait quelque chose.

Fabrice Maître

Vigneron à Jully-lès-Buxy,
administrateur de la cave depuis 2015

Fabrice incarne une nouvelle génération de vignerons associés à “la cave”. Dans ses gênes, il y a bien sûr la coopération. Son arrière-grand-père a été un des fondateurs de la cave coopérative (1931). Son père Gérard en a été le président emblématique, de 1994 à 2013. Encouragé par les progrès du machinisme agricole, il aura donné une impulsion décisive au domaine, dès 1968. Fabrice, un bac Pro viti en poche, s’installe en 2001, à 22 ans. Sa conviction est forte. Sa première décision sera d’agrandir la taille du vignoble, qui passera progressivement de 15 à 35 hectares. Soit environ une moitié en Bourgogne Côte Chalonnaise, et l’autre moitié en villages et premiers crus, à Montagny, Mercurey, Rully et Santenay. Un puzzle délicat et fragile qui exige beaucoup de finesse. Il faut être aussi nombreux que les doigts d’une main, et recourir à des saisonniers pour conduire un tel vignoble. Mais il est entreprenant Fabrice, il ose et n’a pas froid aux yeux. Il faut dire qu’il aime le vin. Le mot est presque faible. Découvrir, goûter, comparer, comprendre… la dégustation est une joie qui fait grandir. Il a construit une cave de passionné, avec des bouteilles de tous les terroirs de France, qu’il partage avec générosité avec des amis du vin. Il est curieux et déterminé. Sa quête secrète, c’est de montrer à des confrères vignerons indépendants qu’on peut faire d’excellents vins à un prix juste, en toute sincérité. Il a aussi l’espoir que la Côte Chalonnaise, si méconnue, soit davantage mise en valeur. Dans les vins qu’il défend, on retrouve l’odeur des villages, des hameaux, des vallons, des bois, des pierres, et de tous ses habitants. Tailleur de pierre, c’est un métier qui aurait aussi pu le tenter…

François Legros

Vigneron à Saint-Vallerin,
administrateur de la cave depuis 1994,
président depuis 2013

François, il est tombé dedans quand il était petit. Un de ses grands-pères était vigneron indépendant. En un temps ou l’on vivait quasiment en autarcie et ou l’on faisait le vin pour soi. Son autre grand-père a été un des fondateurs de la cave coopérative (1931) et en a aussi été président. Il a hérité des deux sangs, celui de la coopération et celui des indépendants. Son père, jusqu’en 1989, se partageait entre ses 12 hectares de vigne, son troupeau de 100 vaches, et la culture de céréales. François, par passion, a d’abord choisi la voie de la mécanique. La passion des outils qui ne l’a jamais quittée et qui le pousse encore aujourd’hui à innover. L’envie d’aller voir ailleurs. Mais en 1989, il n’a pas hésité, lui qui a la vigne au corps. Et ça l’a même travaillé aux tripes. À 28 ans, jeune marié, il est revenu au pays pour prendre la suite. Comme un élastique. Il n’oubliera jamais sa première année d’installation, en 1991. Le gros coup de gel et la toute petite récolte. Des années de sacrifice. Sans jamais se décourager, il a peu à peu construit un vignoble qui compte désormais 16 hectares, classé essentiellement en Bourgogne Côte Chalonnaise, avec très peu de Montagny village. Beaucoup de coteaux qui offrent de fortes pentes. Une difficulté permanente pour les hommes et les outils. Il a toujours préféré la vigne au vin, même s’il sait que pour pérenniser le noble métier de vigneron, il faut s’investir dans le commerce. Il a choisi de relever les défis de la cave en portant haut et fort une vision. Anticiper, accroître la confiance, former les jeunes, cultiver de nouvelles idées, expérimenter… il a du pain sur la planche, et c’est ce qu’il aime.

Victor Dutartre

Vigneron à Bissey-sous-Cruchaud,
administrateur de la cave depuis 2019

Victor, c’est la joie de vivre. Un jeune homme singulier au regard empreint de sagesse et aux paroles gorgées d’enthousiasme. Coopérateur depuis l’âge de 19 ans, sa force de vivre marque tous ceux qui croisent son chemin. Les beaux paysages de la Côte Chalonnaise qui l’ont vu grandir sont depuis toujours une source d’inspiration artistique. Victor est un passionné de dessin, de photographie. Et de sa terre nourricière aussi… Son père, son grand-père et son arrière-grand-père étaient déjà vignerons. Comme ses aînés, le travail de la vigne fut une vocation naturelle. L’exploitation familiale est plantée principalement en Chardonnay, avec des parcelles en Montagny 1er Cru, Montagny 1er Cru “Montcuchot”, Bourgogne Aligoté et Crémant de Bourgogne mais aussi des parcelles de Bourgogne Côte Chalonnaise Pinot Noir. Victor est quelqu’un d’entier, un vigneron investit dans son métier. Sous le soleil comme sous la pluie, de l’aube jusqu’à la tombée de la nuit parfois, il façonne ses vignes avec soin, dans l’espérance d’un beau fruit. D’ailleurs, il ne voudrait changer de place pour rien au monde. La vue imprenable sur le village de Buxy et ses alentours est un cadeau quotidien dont il ne pourrait se passer. Pour lui, on ne peut pas s’ennuyer dans cette profession qui est en constante évolution : son grand-père a vu l’arrivée des enjambeurs, son père la naissance du bio, et lui l’émergence de la robotique ! Il se plaît à l’idée de découvrir le monde un peu plus chaque jour : goûter des saveurs inconnues, rencontrer des gens d’horizons différents, voyager dans les autres belles régions de France. Il apprécie sortir des sentiers connus et ainsi consacrer du temps pour voir la vie en dehors du vignoble. Paralysé du côté gauche depuis sa naissance, certains travaux de la vigne ne lui sont pas accessibles, mais son père, ses employés et les autres coopérateurs, qu’il considère comme sa deuxième famille, ne sont jamais très loin pour l’aider. Victor est fier d’être l’un des administrateurs de la Cave Coopérative de Buxy, de travailler à un projet collectif plus grand que lui car il sait qu’ensemble, on va plus loin. Il se concentre sur ce qu’il aime et sait faire de mieux, travailler le végétal.

LE PARIS D'ALEXIS

Alexis, ancien journaliste radio et télé, a travaillé pendant plus de 15 ans dans l’univers des médias, aux micros d’Europe1, SudRadio, France Bleu… En 2017, il créé “Le Paris d’Alexis” sur les réseaux sociaux, un concept initialement dédié aux bonnes adresses parisiennes. Rapidement, il s’ouvre à “tout ce qui se mange et se boit”, partout en France. Sur ses comptes Instagram, TikTok, Facebook et sur son site, il partage avec sa communauté ses bons plans, ses découvertes, ses coups de cœur dans l’univers de la gastronomie. Passionné et véritable épicurieux, il comptabilise sur ses différents réseaux plus de 30000 abonnés.

Bénédicte Quetigny

Vigneronne de la cave à Saint-Denis-de-Vaux depuis 2005

Bénédicte a deux métiers à plein temps : maman et viticultrice. Cela n’a pas vraiment été une évidence pour elle de travailler la vigne. Artiste dans l’âme depuis sa tendre enfance, la musique la fait vibrer. C’est d’ailleurs elle qui la poussera sur les bancs de la fac. Finalement, elle décide de tout arrêter car elle se rend vite compte ce n’est pas fait pour elle. Plus tard, elle passera le concours pour devenir monitrice d’auto-école, sans succès. C’est à ce moment-là que sa vie bascule : en faisant les vendanges pour son beau-frère, son goût pour le travail de la vigne apparait. Elle rachète alors en 2005 les parts de la mère de celui-ci, et devient son associée. Depuis, elle materne la terre avec beaucoup d’amour et de bienveillance, dans sa vallée des vaux qu’elle affectionne tant. Elle essaye tout de même de consacrer encore un peu de temps à la musique. Du temps libre, ils en ont peu avec son mari agriculteur, et les vacances sont très rares. Mais c’est le choix de vie qu’ils ont fait. Des années comme 2018, où la récolte est meilleure que prévue, rappelle à Bénédicte ce pourquoi elle a choisi son métier. C’est une année qu’elle n’oubliera pas. Elle souhaite que son exploitation vive encore de belles années comme celle-ci, même si la relève n’est pas assurée. Sa fille veut devenir gendarme et son fils veut conduire des engins agricoles. Qu’importe, elle est un bel exemple que la vie ne suit pas une simple partition, elle est bien plus rythmée que ça !

Joël Pierre

Vigneron à Saint-Gengoux-le-National,
administrateur de la cave en retraite

Issu d’une famille de Jouvenceaux depuis trois générations, Joël est l’un des remparts de son village. Après des études viticoles à Beaune, il part à la découverte des vignobles français en tant que laborantin en œnologie : Bordeaux, Cognac, Armagnac, Bandol, le Beaujolais… Le périple fût riche, mais l’air pur de la vigne lui manquait. Il revient à Saint-Gengoux en 1983, et se voit attribué, à 22 ans, deux hectares et demi d’exploitation par la cave. Petit-fils de vigneron, et fils d’administrateur de la cave, il préfère s’installer seul, à côté de l’exploitation familiale ; c’est son côté révolutionnaire d’après lui ! Joël est très ambitieux, et cela lui tient à cœur de s’impliquer dans la vie viticole. En peu de temps, il devient maire de sa commune, puis vice-président de la communauté de commune, mais aussi administrateur et secrétaire de la cave, tout en faisant grandir son exploitation. Le travail et le dépassement de soi ne lui font pas peur, tant qu’il prend du plaisir. Aujourd’hui retraité, la rénovation des cadoles familiales, est le nouveau projet qui l’anime et le motive. Il est très fier de donner une seconde vie à ces petites cabanes. Il ne craint pas l’avenir. Même si ses fils ne reprendront jamais l’exploitation, il a confiance en Rémi, son salarié, qu’il considère comme son troisième fils. Grand amateur de vieux véhicules, il sait qu’il passera son temps à les retaper une fois à la retraite. Humble, passionnant, altruiste, Joël aime partager ses savoir-faire et ses expériences avec les autres, notamment avec les personnes qu’il forme au machinisme au CFPPA de Beaune ! Son crédo : « la vie est un long voyage, alors il vaut mieux la vivre en première classe qu’en deuxième » !

Ludovic Cottenceau

Vigneron à La Ferme de Marnay,
administrateur de la cave depuis 

Ludovic est un bon vivant, il aime la vie et le bon vin. Mais rien ne lui plait plus que de bichonner sa terre nourricière, celle qui l’a vu grandir. Installé en GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) avec ses parents, il cultive la vigne, mais également les céréales. Sa vie est partagée entre ces deux cultures, et pour rien au monde il ne voudrait en choisir une. Pourtant, son exploitation lui demande un travail permanent tout au long de l’année, pour la taille, les vendanges, les moissons… Il aime se remémorer le temps où la vigne n’était qu’un terrain de jeu pour son frère, sa sœur et lui, pendant que leur mère tirait les sarments. Aujourd’hui, il a repris la ferme de ses parents, « la ferme de Marnay ». Le fief de son exploitation, sa maison familiale, mais également le lieu idéal pour partager un bon apéritif avec ses amis. Son moment préféré de la journée ? Le casse-croûte du matin, avec un aligoté Silex bien sûr ! Ludo est chauvin, il est fier de sa Bourgogne natale. La Cave des Vignerons de Buxy lui apporte la convivialité du métier, une bouffée d’air frais au quotidien. Faire partie du conseil d’administration de la cave est pour lui une chance, un devoir même. Il trouve nécessaire de s’impliquer dans la vie de la cave. Et puis, échanger avec des viticulteurs plus âgés, quel privilège ! Conseils, paroles pleines de sagesse, Ludo les boit avec le même enthousiasme que du vin.

Famille Bonnet

Vigneron à Etiveau,
administrateur de la cave depuis 2014

Henri, c’est le patriarche de la famille Bonnet. Ce passionné de la terre n’a pas toujours vécu en Bourgogne. Il est né dans les monts du lyonnais, avant de migrer à Etiveau avec ses parents en 1966. C’est en 1988 qu’il a repris le flambeau de l’exploitation familiale, mais le travail étant trop important pour lui seul, il abandonne le troupeau de moutons en 1990, pour se concentrer sur ses 7 hectares de vigne et 30 hectares de céréales. Le temps passe, et Henri décide de prendre sa retraite en 2014 en n’ayant comme seule solution de vendre ses terres. Au même moment, Bénédicte sa fille, termine un contrat dans sa profession d’origine, architecte d’intérieur. Cela parait alors comme une évidence pour elle, elle va reprendre le domaine de son père ! Elle commence son nouvel emploi du jour au lendemain, avec 14 hectares de terre et 10 hectares de vigne. Elle a replanté depuis. C’est une femme de la nouvelle génération : elle dirige l’exploitation seule, elle conduit l’enjambeur, elle fait son propre « rikiki » (du ratafia) avec du chardonnay ; elle aime faire le plus possible toute seule ! Même si cela n’est pas de tout repos, elle est aujourd’hui parfaitement épanouie et ne regrette pas cette soudaine reconversion professionnelle. Il faut dire que la vie est belle : tous les midis, elle mange à la table paysanne d’Edith sa maman, à Etiveau, et discute des avancées de l’exploitation avec son père. A côté de cela, Benedicte est maman d’une petite Bérénice, qui est déjà passionnée par les enjambeurs et les tracteurs. La famille Bonnet a de beaux jours devant elle !

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